Je ne peux pas le faire, j'en suis incapable. Je doute constamment, l'instant d'après je suis certaine et puis, et puis. Plus rien. Le néant. Je ne sais pas, je ne sais plus. Trop de choses. Je grandis, je sais que je grandis. Je souffre un peu, aussi. Je crois que je comprends trop de choses pour feindre comme je le faisais. Pour simuler des souffrances qui me sont inconnues pour prendre un plaisir vicieux de les décrire, d'affiner chaque détail, de rentre ce trouble presque parfait. Mais posséder des choses, c'est perpétuellement en perdre d'autres. Je grandis. Je crois que je grandis. En grandissant, en comprenant, j'arrête ce stupide jeu. J'arrête de me réfugier dans une vaine compassion, un orgueil qui n'a pour but que ma seule satisfaction, si dérisoire soit-elle. Les gens souffrent et j'ai besoin de les comprendre pour pouvoir les aider. Mais je m'oublie. J'oublie de compter.